les rêveurs

Les limites sont la condition d’existence de tous les organismes, de toutes les entités. Elles définissent un être, une situation, une identité. Elles sont indispensables à la vie, à condition d’être perméables, et ainsi de permettre les échanges.

Le confinement est une limite figée. Pour le commun des mortels, cela n’est pas naturel, voire étouffant. Seuls certains individus le pratiquent volontairement, citons les ermites, un certain nombre d’artistes, ou des êtres dans l’effroi du monde extérieur. 

Pour la plupart, le confinement imposé par la pandémie du Covid 19 fut une expérience inédite, pour certains exaltante, pour d’autres traumatisante… Une découverte ou un malaise, une révélation ou un traumatisme, un horizon imprévisible ou une condamnation. Malgré l’ultra connexion au monde extérieur.

Dans le monde physique, le confinement a son utilité : ainsi de l’ampoule électrique délimitant un volume vide, seulement parcouru de 2 électrodes et d’une résistance… Sans la résistance, les 2 électrodes feraient un court circuit par contact.

La résistance permet le jaillissement de la lumière.

Dans les sciences humaines, on nomme ce processus la « résilience ».

Il y aura eu beaucoup de façons de pratiquer cette résilience : citons le jeu, la distraction, les séries télévisées, l’introspection, l’exercice physique, retrouver son conjoint, ses enfants, décider d’un divorce, d’un changement de profession, se remettre à la lecture, faire des projets qu’on aurait trouvé inimaginables autrement…

La résilience que j’explore est le rêve. Mais un rêve qui n’est pas une fuite, un rêve qui est plutôt une possibilité nouvelle, une folie crédible, une gourmandise accessible. 

C’est le pouvoir de l’esprit, de la pensée, d’incarner des mondes dans une autre dimension. Mes rêveurs regardent en eux-mêmes afin de sortir d’eux-mêmes.

Le protocole que je me suis fixé est la ligne d’horizon d’une mer calme.

Rien ne s’y passe, pourtant tout advient.

te voilà Sara